Je ne cherche pas l'image parfaite. Je cherche celle qui ressent quelque chose.
BIO
Gerardo Gonzalez Belmonte
Directeur de la Photographie
Je suis vénézuélien et bien que depuis enfant je voulais faire de la photographie, je n'ai commencé qu'en 2014. En 2016, je me suis installé en France et ce changement a profondément marqué mon regard. J'ai étudié le cinéma à Lyon et obtenu mon diplôme en 2020 ; depuis, j'essaie de transmettre des histoires et des émotions par l'image. C'est, pour moi, un langage subtil capable de dire beaucoup en très peu de temps, ouvert à l'interprétation. L'émigration a été le grand point de bascule. Ce déracinement m'a obligé à observer avec plus d'attention et à accepter une certaine instabilité, qui définit aujourd'hui ma sensibilité visuelle. Je me suis fasciné par le réalisme magique et les atmosphères où le quotidien devient étrange : je ne cherche pas l'image parfaite, mais celle qui « ressent » quelque chose. La direction de la photographie est pour moi un exercice d'écoute profonde : il ne s'agit pas d'imposer une vision, mais de convertir honnêtement le désir d'un réalisateur en lumière, cadrage et rythme. Comme je réalise aussi mes propres projets, je comprends les deux côtés du dialogue créatif, ce qui me permet de faciliter un échange plus fluide et empathique avec l'équipe. Aujourd'hui, je continue d'explorer, toujours en construction. C'est précisément cette conscience qui me pousse à collaborer et à créer des images qui cherchent à approcher une vérité partagée.
EXPÉRIENCE
Photographie
Vidéographie
Écriture
Étalonnage
Retouche Photo
CONTRIBUTION MENCANTA
Reactive Music show: Music, Art, Feelings
Un concert où la musique se transforme en art visuel en temps réel. Une expérience immersive qui fusionne son et image en direct.
Découvrir le projetMencanta Launch Party: Réseautage, DJ sets, Amour
Rejoignez-nous pour célébrer le lancement officiel de Mencanta ! Une soirée de musique, d'art et de rencontres pour découvrir notre collectif et nos projets.
Découvrir l'événementPROFESSIONNEL QUÊTES
LA BIBLIOTHÈQUE MAGIQUE
CITÉ INTERNATIONALE DE LA LANGUE FRANÇAISE Avec ULTRANOIR
Mon travail à la Cité de la langue française a consisté à capturer l'essence de la « Bibliothèque Magique », une installation immersive créée par Ultranoir et Osmo. Mon défi principal était de traduire cette atmosphère enveloppante et technologique en un cadre rendant justice à l'installation. Dans cet espace dominé par l'obscurité et la lueur des écrans, j'ai dû observer attentivement comment la lumière interagissait avec l'environnement pour trouver les angles transmettant le mieux la sensation d'émerveillement. Les contraintes du lieu m'ont obligé à être stratégique dans le choix du matériel. Pour obtenir les mouvements fluides que la pièce réclamait dans un espace si réduit, j'ai travaillé avec un EasyRig couplé à un Ronin monté sur un Tilta cage, me permettant d'opérer toute la journée en maintenant la fluidité nécessaire pour saisir les interactions des visiteurs de manière organique. Ce dont je suis le plus fier, c'est du résultat visuel final : nous avons obtenu des compositions qui transmettent exactement l'intention du client. La préparation en amont a été déterminante — planifier chaque détail nous a permis de travailler en pleine fluidité, en respectant tous les objectifs créatifs sans sacrifier la qualité technique.
ANA — DES HEURES (Clip officiel)
Ana dirigé par Essiamé
Sur « Des heures », le temps a été notre plus grand obstacle. Nous avons tourné dans un vrai bar qui, bien que fermé pour nous, nous imposait des horaires stricts. Nous avions à peine une heure pour transformer l'espace et dissimuler une verrière à quatre mètres de hauteur qui ruinait l'ambiance nocturne — un exercice de rapidité et de réflexes. Mon travail a commencé des semaines avant le tournage dans des conversations constantes avec la réalisatrice Essiamé. Nous avons conçu ensemble une chorégraphie entre les acteurs, les figurants et la caméra ; chaque déplacement devait guider le regard naturellement et se sentir fluide. J'ai conçu l'éclairage pour traduire cette atmosphère intime en une réalité technique filmable, jusqu'aux détails comme la tenue d'Ana pour qu'elle interagisse avec la lumière chaude et transmette la mélancolie que demandait la chanson. Ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir réalisé tous les plans prévus sans que la précipitation ne vole la sensibilité. Ce rythme n'a été possible que grâce à une communication honnête et au choix du matériel juste. Ce projet m'a prouvé que lorsqu'il y a une vraie connexion avec l'équipe, le résultat a toujours une âme qui dépasse le technique.
PSYCHÉON
Dirigé par Daniela Mogîldea et Damian Andronic
« Psychéon » fut un tournage de tranchée. Presque toute l'histoire se déroule dans une pièce minuscule où acteurs et équipe tenaient à peine, nous obligeant à penser chaque mouvement comme un puzzle. L'enjeu était de montrer la pièce entière pour que le spectateur ressente l'enfermement, sans que l'équipe technique finisse dans le décor. Pour respirer dans cet espace réduit, j'ai décidé avec Daniela et Damian d'utiliser des objectifs anamorphiques. Ce fut l'une des meilleures décisions du projet : ils nous ont donné le look cinéma que nous cherchions et un angle de vision plus large pour cadrer la pièce sans la déformer — la solution idéale pour que la contrainte des mètres carrés ne pénalise pas l'échelle visuelle de l'histoire. L'éclairage a lui aussi dû conquérir son espace. Avec ma cheffe électricienne, nous avons tout planifié plusieurs jours à l'avance pour ne pas perdre de temps à tester sur un plateau où l'on ne pouvait même pas se déplacer. Je repars avec la fierté d'avoir transformé un espace minuscule en un monde visuellement riche, où chaque ombre et chaque reflet ont une raison d'être.
FREMD
Mathis Andersen
Ce projet est né de quelque chose de très personnel. Quand Mathis m'a proposé de faire le clip de sa chanson mélangeant allemand et français, j'ai senti que nous parlions le même langage émotionnel. Nous voulions fuir le littéral et nous réfugier dans le réalisme magique : c'est ainsi qu'est né Fremd, un être d'un autre monde qui marche sur terre pour apprendre et observer. L'idée a pris forme une nuit lorsque j'ai soudainement vu un visage de bois dans ma tête. Le rendre réel fut le défi : le maquillage prenait des heures à appliquer, donc nous n'avions qu'un seul jour de lumière. J'ai conçu une liste de plans très précise et travaillé la chorégraphie avec Mathis pour que ses mouvements se sentent naturels dans cette peau de bois. Je me suis aussi chargé du montage et de la création de l'effet du portail. Je ne suis pas expert en effets visuels, mais j'avais besoin d'affronter cette partie du processus. Ce qui me comble le plus, c'est d'avoir transformé cette vision du visage de bois en quelque chose de vivant à l'écran.